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07.02.2011 14:35    Comments: 0    Categories: Presse      Tags: frederic bourret  photographe  photo  interview  

  

  

Avant de commencer notre interview de Frédéric Bourret, une petite présentation s'impose :

 

 

D’origine grecque, c’est à New York City que Frédéric BOURRET développe son talent photographique. Cinq années durant, cinq années à peaufiner son style. Ses prises de vues sont étonnantes et les angles déroutants. Frédéric est un photographe fasciné par les villes: il s’y égare, à l’affût de l’instant envoûtant, l’instant insolite. Il est profondément séduit par ce sentiment inimitable, cette dureté, cette sensibilité, ce quotidien urbain en quelques sortes.

 

Il parle autant de lui, de ses hésitations, de ses certitudes, de son détachement, que des sujets qu’il photographie. Sur le paysage urbain et sa représentation, son style est déconcertant : il choisit de montrer la ville à nu. On ne retrouve sur ces photographies que très rarement des personnages, il veut redonner à la ville toute son importance, un peu comme un hommage à ses proportions et sa poésie.

 

Il affectionne tout particulièrement les compositions incongrues et ambiguës, si bien que son œuvre s’en trouve volontairement ouverte à toute interprétation. Captivé par la lumière et ses reflets, il se laisse guider par le mouvement…

 

 

 

 

 

Art-Folie a interviewé en exclusivité le photographe Frédéric Bourret. Sa sensibilité, son approche, ses choix, son expérience. Le regard d'un photographe qui n'a pas fini de nous surprendre.

 

 

Art-Folie : Pourquoi avoir choisi de travailler en n&b? Quelle est la différence entre la couleur et le n&b pour vous ?

  

Frédéric Bourret : Je ne travaille pas uniquement en Noir & Blanc mais certaines séries s’y prêtent mieux.

D’ailleurs, une de mes série en couleur a été primée à la Bourse du Talent en 2009. Le Noir & Blanc permet de recréer une intensité plus intéressante. Pour créer un climat plus intriguant, le Noir & Blanc est plus approprié, si on travaille sur une série en couleur, l’aspect esthétique sera primordiale plutôt que l’atmosphère dégagée.

 

AF : Argentique ou numérique?

  

FB : Je travaille en numérique même s’il y a un argentique qui traîne chargé avec une pellicule au fin fond d’un placard avec lequel je prends une photo par an. A ce rythme je ne suis pas prêt de la développer :)

  

AF : Quel matériel utilisez-vous ?

  

FB : En ce moment, j'utilise un Nikon D90, mais je ne suis absolument pas attaché à un appareil ou bien une marque.

 

AF : Dans votre travail « A découvert », quel a été le déclencheur? Quelles ont été vos motivations pour lancer ce projet ?

  

FB : La série ‘A découvert’ est un travail de 2 ans. Tout est parti d’une photo. Je voulais prendre des photos de nu plus intimiste où le modèle se sentirait à l’aise avec l’objectif et surtout ne pas se sentir épié. Ma priorité première était de ne pas tomber dans le vulgaire ou la provocation. Ensuite l’idée est venu d’allier les photos aux émotions suscitées, d’où la présence des textes des personnalités du monde de l’écrit, de l’image ou des arts en général. L’aventure humaine fut passionnante. Confronter le regard d’un photographe de mer comme Guillaume Plisson à celui d’un designer comme Lionel Ladoire fut très enrichissant.

 

AF : Y-a-t-il un message que vous souhaitez transmettre?

  

FB : Sans parler de message, je voulais juste faire des photos plus suggérées et plus sensuelles que tomber dans le porno soft.

  

AF : On remarque une forme de pudeur dans vos prises de vue, la recherche d'un contact indirect avec le sujet, est-ce volontaire ?

 

 

FB : Oui effectivement, il y a eu une grande complicité dans l’accomplissement des prises de vues. Je voulais photographier sans être vu. La photo de nu est un art délicat, il y a de la facilité mais aussi une grande difficulté dans le développement de la confiance entre le modèle et le photographe.

 

AF : Quand êtes vous tombé dans le révélateur de la photographie? Quel a-été votre cursus ?

  

FB : La photo est venu à la fin des années 90 en côtoyant des professionnels de la photo quand je résidais à New York. J’ai commencé à montrer mon travail et les échos positifs sur certains clichés mon donné envie de m’améliorer. j’ai eu la chance d’être bien conseillé. On peut en quelque sorte dire que je suis un autodidacte ‘guidé et conseillé’. Quand j’ai commencé la photo, j’ai surtout cherché à parfaire ma technique et j’ai pris le parti de ne pas ouvrir de livre de photographie pour éviter d’être influencé dans mes cadrages.

 

AF : Dans votre travail sur New York, vous avez fait preuve d'originalité dans vos cadrages, dans quel but ?

 

FB : Je cherchais surtout à photographier différemment New York. Je ne côtoyais pas Time Square ou Central Park le samedi après midi. Mon quotidien était à l’écart des tumultes touristiques. Beaucoup de photos ont été prises très tôt le matin (7h). Après, au niveau du cadrage, j’aime que le contemplateur s'interroge sur une photo.

 

AF : Recherchiez-vous quelque chose à travers cette ville ?

 

FB : Je voulais montrer une autre facette de cette ville. New York peut se montrer sereine et mystérieuse presque poétique si on prend la peine de bien l’observer.

 

AF : Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous arpentiez les rues new yorkaises ?

 

FB : J’étais surtout dans un état d’esprit dans lequel je ne cherchais rien, je ne me disais pas cette fois ci je sors et je vais faire une photo ‘intéressante’. Je me concentrais sur ce que je voyais et non pas sur ce que je pensais. Il m’arrivait de ne pas prendre de photo les jours où ‘l’inspiration’ était absente.

 

AF : Quelles sont vos sources d'inspiration ?

 

FB : Je suis sensible aux arts en général et un son ou une image peuvent prédestiner à une nouvelle idée pour un cliché voir une série complète.

 

AF : Des photographes que vous admirez?

 

FB : Il y en a un tout particulièrement, Lee Friedlander.

 

AF : Des collaborations futures, désirées ?

 

FB : Collaborer avec des politiciens pour faire une série de portrait ‘décalés et originaux’.

 

AF : Un futur projet à l'horizon ?

 

FB : Oui je viens juste de finaliser une série en couleur qui s’intitule Behind Waiting qui je l’espère trouvera prochainement un bel espace d’exposition.

 

AF : Dernières questions,

Si vous pouviez retourner dans le passé, quelle photo feriez vous ?

 

FB : Le New York de la prohibition, ressentir l’ambiance des bars illégaux.

 

AF : Si vous pouviez aller dans le futur, quelle photo souhaiteriez vous prendre ?

 

FB : C’est une bonne question, je dirais un portrait de Saint Pierre aux portes du paradis.

  

Merci à Frédéric Bourret pour cette interview exclusive et sa disponibilité.

 

ART-FOLIE.COM

 

 

Propos recueillis par Art-Chronik

Interview de Frédéric Bourret

Sources images et biographie : Frédéric Bourret http://www.fredericbourret.com 

http://www.newyorker.fr

Remerciements à M. Bourret Frédéric.

 

 

 
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